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Espagne : pourquoi la fécondité est au plus bas depuis vingt ans

Capucine Delattre

Jueves 20 de junio de 2019

DÉCRYPTAGE - Selon les derniers chiffres de l’Institut National de Statistique espagnol, le nombre de naissances dans le pays a diminué de plus de 40% en dix ans. Il enregistre le deuxième indice de fécondité le plus bas d’Europe.

Selon une étude de l’INE (l’équivalent de l’INSEE en Espagne) publiée mercredi 19 juin, le nombre de naissances en Espagne a chuté de 40,7% depuis 2008. L’Espagne enregistrait encore 519.779 nouveau-nés en 2008. Ce nombre n’est plus que de 369.302 en 2018. Ce constat s’accompagne d’une série d’indicateurs allant dans le même sens, laissant présager un fort vieillissement de la population espagnole et de potentielles difficultés à assurer un système de retraites viable.
Une baisse des naissances qui va de pair avec un recul de l’âge du premier enfant

Les chiffres de l’INE indiquent que l’indice de fécondité espagnol est au plus bas depuis 30 ans (environ 1,25 enfant par femme en 2018). Les Espagnoles deviennent mères en moyenne à 32 ans, contre 25 ans en 1980. En outre, d’après El País , 37% des femmes espagnoles ont désormais leur premier enfant à 35 ans passés, ce qui a des conséquences évidentes sur leur nombre total d’enfants. L’Espagne présente même depuis 2015 ce que l’on appelle un «accroissement négatif», c’est-à-dire un nombre de décès supérieur au nombre de naissances. En 2018, selon l’INE, l’Espagne a ainsi «perdu» plus de 56.000 habitants.
Moins d’enfants, une mauvaise nouvelle pour l’Espagne?

La baisse de la fécondité et le vieillissement de la population sont généralement perçus comme les signes avant-coureurs de difficultés, notamment économiques. De fait, l’Espagne est sur le point de connaître une diminution de son nombre d’habitants au fil des prochaines décennies, dans l’incapacité de combler son «manque à gagner» démographique. Mais comme l’explique Laurent Toulemon, chercheur à l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) spécialisé dans la fécondité en Europe interrogé par Le Figaro, cette situation peut aussi avoir ses avantages. Ainsi, «le vieillissement de la population signifie avant tout que l’on vit mieux et plus longtemps, ce qui est une bonne chose!». En outre, «une baisse de la population peut avoir un retentissement positif sur l’emploi, puisque moins de travailleurs prétendent à davantage de postes vacants, et mène aussi à une hausse de la qualité de vie des individus».

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