Copinage, régionalisme et corruption en Espagne De Nicolas Klein 26 août 2019

Ces dernières années, plusieurs productions audiovisuelles traitant de la corruption des élites politico-financières ont remporté un franc succès outre-Pyrénées. Nous nous contenterons de rappeler ici l’existence de séries télévisées comme Crematorio (Canal+, 2016), adaptée du roman éponyme de Rafael Chirbes, qui traite de l’enrichissement douteux de la famille Bertomeu, dynastie de la côte valencienne ; ou La casa de papel (Antena 3 et Netflix, depuis 2017), que l’on ne présente plus tant son succès est devenu international. Un long métrage comme El reino (Rodrigo Sorogoyen, 2018), récemment sorti en France, rend encore mieux compte des amours incestueuses entre formations politiques et monde des affaires en mettant aux prises un responsable local, Manuel López Vidal (interprété par Antonio de la Torre), avec un sombre scandale de détournement de fonds.

I/ La corruption politique au centre du débat espagnol… à tort et à raison

Le regain de créativité dans ce domaine ne doit pas grand-chose au hasard. La crise économique de 2008, qui a durement touché l’Espagne, en a ébranlé l’économie et la société. Le taux de chômage a de fait atteint des niveaux stratosphériques (plus de 27 % de la population active à la fin de l’année 2013), frappant de nombreux ménages d’une classe moyenne brutalement appauvrie. Cette dernière a également dû faire face à de profondes mesures d’austérité mises en œuvre à tous les niveaux de décision (gouvernement national, communautés autonomes, municipalités)[1].

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