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Les limites de l’évaluation des compétences à l’école

Par Natacha Polony

Miércoles 6 de junio de 2012

Pour la plupart des parents d’élèves, le «livret personnel de compétences» est un objet pédagogique non identifié. C’est pourtant ce document qui doit, à terme, remplacer le bulletin de notes.

Pour la plupart des parents d’élèves, le «livret personnel de compétences» est un objet pédagogique non identifié. C’est pourtant ce document qui doit, à terme, remplacer le bulletin de notes, puisque l’idée du «socle commun» est d’évaluer les compétences des élèves dans des domaines identifiés par les «piliers» du socle et selon trois «paliers» en fin de CE1, de CM2 et de 3e. Ainsi, en fin de CM2, un élève devra valider la compétence «Résoudre un problème mettant en jeu une situation de proportionnalité» ou la compétence «Avoir conscience de la dignité de la personne humaine et en tirer les conséquences au quotidien».

Pour Claire Kepper, chargée des questions pédagogiques au SE-Unsa, l’enseignement par compétences permet de «mettre fin à la fonction traditionnelle de l’école, qui est de classer». Mais pour elle, si enseignants et parents ne s’y retrouvent pas, c’est parce qu’il s’agit «à la fois d’un outil de communication avec les parents et d’un outil professionnel d’évaluation.» Bref, le précédent gouvernement s’est arrêté au milieu du gué, au lieu de mettre en place un système qui «montre aux élèves ce qu’ils ont acquis en termes de connaissances, de capacités et d’attitudes». En effet, seuls certains établissements (ou certaines classes au sein d’un établissement) franchissent aujourd’hui le pas et suppriment les notes pour les remplacer par des validations d’acquis, pour des résultats contrastés.

Jean-Rémi Girard est professeur de français et il relate depuis des années sur son blog, dans des notes teintées d’humour et d’ironie, l’arrivée des compétences dans les classes. Il est devenu récemment secrétaire national du Snalc, chargé de la pédagogie. «La logique du socle n’est pas absurde, analyse-t-il. La scolarité obligatoire est censée apporter à chaque élève les bases pour s’en sortir dans la vie, pour être un citoyen: aller voter, trouver un emploi…»

Le souci est la mise en œuvre et l’usine à gaz qui en résulte. «Quiconque se penche sur le livret de compétence s’aperçoit qu’on oublie vite les connaissances pour s’intéresser aux attitudes.» Les fameux savoir-être, désormais rejoints par les «savoir-devenir». «Est-ce que l’école a à se mêler de ce que l’élève a dans la tête?», interroge Jean-Rémi Girard. «Doit-on considérer que “s’intégrer et coopérer dans un projet collectif”, compétence 9 du pilier 7, est un bien en soi? La création artistique, par exemple, est solitaire. De même, “faire preuve d’initiative” est une compétence qu’on devrait pouvoir discuter. Il y a des cas où c’est contre-productif qu’un jeune qui ne maîtrise pas les choses et ne les connaît pas prenne des initiatives. Tout cela relève du formatage.»

«Le résultat dans mon collège, déplore Agnès Gentil, professeur d’histoire-géographie, c’est qu’on valide à peu près tout. Après, bien sûr, des heures de réunion pour savoir si telle compétence relève de tel professeur ou de tel autre.» Quant aux élèves et aux parents, ils se raccrochent aux notes encore existantes pour se situer.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/06/05/01016-20120605ARTFIG00623-les-limites-de-l-evaluation-des-competences.php