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Le mystère Garcia Lorca

par Heike Schmidt

Lunes 2 de noviembre de 2009

A l’abri des regards, sous un chapiteau blanc, trois archéologues tentent depuis ce jeudi, 29 octobre, d’élucider le mystère qui entoure la mort du poète espagnol Federico Garcia Lorca (1898-1936). Pendant les deux mois de fouilles, des gardes empêcheront tout accès aux travaux pour respecter l’intimité des familles des victimes. Le poète, le plus célèbre disparu de la guerre civile espagnole, reposerait avec au moins trois autres personnes, fusillées avec lui en août 1936, dans une fosse commune à Alfacar, dans le sud de l’Espagne, près de Grenade.

Article publié le 29/10/2009 Dernière mise à jour le 29/10/2009 à 20:24 TU

Clôtures métalliques, bâches isolantes et nombreux gardes de sécurité protègent le site des fouilles, perdu dans une pinède dans le parc Fuente Grande en Andalousie. Depuis la fin de la guerre civile en 1939, la fosse d’Alfacar a gardé son secret. Est-ce bien ici que Federico Garcia Lorca repose, à côté d’un maître d’école et de deux anarchistes, victimes, comme lui, d’insurgés franquistes ? L’un des fossoyeurs réquisitionnés, Manuel Castilla, l’avait confirmé dès 1955 : le poète serait enterré « près d’un olivier, à une dizaine de mètres de la chaussée ».

La famille s’oppose aux fouilles

Pour garder le mythe intact, la famille Lorca s’est toujours opposée à son exhumation et à son identification. Début octobre, cette famille s’est finalement déclarée d’accord pour donner son ADN afin d’identifier leur proche et disposer de ses restes, le moment venu.

Certains historiens avancent la thèse selon laquelle la famille sait depuis longtemps que les ossements du poète ne se trouvent plus dans la fosse commune. Le père de Federico Lorca aurait pu, en secret, transporter le corps de son fils dans la résidence d’été de la famille, la Huerta de San Vicente à Grenade, où il reposerait encore aujourd’hui, dans la cour de la maison-musée, sous un noyer planté à l’époque de sa mort.

« Lorca, ce n’est qu’un corps de plus »

70 ans après la fin de la guerre civile, les fouilles pourraient mettre un terme aux hypothèses et aux légendes qui entourent la fin tragique de Federico Garcia Lorca, même si c’est à la demande des familles des autres victimes que sa sépulture sera ouverte. « Les gens veulent savoir où se trouvent leur parent pour fermer leurs blessures », explique la présidente de l’Association de récupération de la mémoire historique de Grenade, Maribel Brenes : « Lorca, ce n’est qu’un corps de plus ».

En effet, la loi dite de « Mémoire historique », votée en 2007, permet aux familles des disparus et des victimes du régime franquiste de récupérer les restes de leurs parents ou grands-parents. Sur la base de cette loi, le gouvernement d’Andalousie a donné l’autorisation aux trois archéologues de lancer les recherches.

Tous les ossements retrouvés à Alfacar seront analysés au laboratoire médico-légal de l’université de Grenade et comparés aux ADN fournis par les descendants des victimes reposant dans la fosse. Le rapport final est attendu dans trois mois au plus tôt.

Certains Espagnols regrettent l’intérêt médiatique que suscite la saga à rebondissement de la tombe de Federico Garcia Lorca, au détriment des autres victimes de la même époque. Selon l’Association de récupération de la mémoire historique, 11 000 personnes sont portées disparues dans la seule région de Grenade. Dans toute l’Espagne, elles seraient 130 000.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_86104.asp